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Samedi 26 avril, 20h, devant la Cigale. Je finis mon 'dwich dans la queue, tandis que devant moi la moitié des gens qui arrivent, après un regard attristé sur la foule en file indienne, semblent reconnaître avec un intense bonheur de la famille ou des amis, le plus proche possible de l'entrée…Ah, la resquille des Parisiens, élevée au rang des Arts ! Au fur et à mesure que l’on avance, les flyers fleurissent dans mes poches, et c’est avec un surplus de 3 kg que je pénètre dans le hall de la Cigale. Une rapide fouille et hop, je passe dans la salle et me chope un siège pas trop mal placé. L'ambiance est surchauffée, mais du bon côté du terme : les spectateurs s’échangent le programme de balcon en balcon sous la forme la plus pratique : des avions en papier ! Pour un peu, je me croirais revenu à la fac. Une moyenne d’âge de 25 ans, et pourtant toutes les générations sont là. Ca me fait penser au vieux slogan des jeux Nathan, « pour s’amuser de 7 à 77 ans ». Je n’ai aucune peine à croire que les Wriggles plaisent à tous, mais je m’amuse à voir l’espièglerie dans le regard d’un couple âgé.
Un petit quart d’heure de flottement, pendant que tout le monde s’installe, que les filles aillent aux toilettes, et un homme surgit côté cour, un verre de pinard à la main. Une démarche peu assurée, une pause face aux spectateurs, et il englobe d’un feint regard aviné et fier l’assistance, qui pouffe de rire devant le mime. On sent que les zygomatiques sont en condition. Il repart, puis réapparaît avec trois compères : c’est Entre Deux Caisses, la première partie, qui me laisse béat de plaisir : des chansons à textes qui n’ont pas oubliées d’être drôles, un accordéon survolté et des chanteurs qui sentent bons la formation classique avec un grain d’opérette, nous emporte dans un instant de pur bonheur. Mon sentiment semble partagé, car au moment de laisser la place aux cinq clowns tant attendu, voilà qu’ils se font rappeler par un public trépignant ! Deux chansons et un court entracte plus tard, et voici les Wriggles qui entrent en scène.
Christophe à la voix tendre, Antoine le baryton, Frédéric le conteur, Franck au timbre particulier et charmeur, et enfin Stéphane, le trublion fou, nous offrent un concert de toute beauté. Armés d’une simple guitare sèche qu’ils se passent à tour de rôle, au fil des chansons, je constate qu’en plus d’être cinq excellent chanteurs, les Wriggles sont également de très bons comédiens. Ils semblent avoir gardé de très bonnes choses de leurs études à la Rue Blanche, et leurs chorégraphies sont là pour nous le prouver. Sur des textes parfois incisifs, parfois tendres, parfois tristes, parfois désopilants, mais toujours justes, qu’ils mettent en scène dans des danses et des mîmes travaillés, ils jouent avec nos émotions tout au long du spectacle. Un set équilibré, moitié de l’album « Les Wriggles partent en live », moitié du nouvel album « Ah ba ouais mais bon », me permet à la fois d’avoir la joie de découvrir leurs nouvelles chansons et le plaisir de découvrir visuellement ce que je ne connaissait qu’en musique. Et là c’est clair : les Wriggles ça s’écoute plutôt bien, mais ça doit se voir ! Malgré trois rappels, je quitte la Cigale avec un sentiment de trop peu. Vivement que je mette la main sur le dernier album, mais surtout vivement le prochain concert ! Un évènement à ne rater sous aucun prétexte.
Info : les Wriggles enregistrent leur DVD pendant leur concert du 17 mai (samedi !!) à la Cigale. Tô Réagissez sur cet article dans le Forum Chroniques d'albums / Live Reports Liste des articles |  |