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Quoi de plus beau que d'allier les deux plus belles formes d'expressions que sont la musique et le cinema en une seule et même unité cohérente. Les films qui suivent ne sont pas des comédies musicales mais tout simplement des films sur la musique. On se sert là des techniques et des moyens d'expressions du cinema pour expliquer et pour parler de la musique. Elle n'est pas réduite au simple état de narratrice (cf Walt Disney). Dès lors, la musique est donc filmée, stylisée et même sublimée pour arriver à être le centre de l'histoire. Elle est l'héroîne du film; c'est à travers elle, grâce à elle et pour elle; que le heros va évoluer.
Les films qui suivent ne sont pas forcément les meilleurs du genre. Il se trouve juste que j'ai pris beaucoup de plaisir devant des films comme Rockstar ou Hedwig and the Angry Inch, dont je sais que peu de gens les ont vus. C'est pourquoi, plutôt que de vous conseiller de revoir Les Blues Brothers pour la 200ème fois, je préfère vous conseiller de découvrir un de ces deux-là, et même les deux.
WOODSTOCK
Réalisé par Mickael Wadleigh pendant les trois jours du fabuleux festival de 1969, Le film Woodstock a largement contribué à la célébrité de l'évênement. Film documentaire-musical, il donne une vision très idéaliste des conditions et du déroulement des concerts. Les participants n'ont en effet pas vécu dans le luxe; embourbés, affamés, ils ont malgré tout su montrer tout au long de ce week-end un solide optimisme. Et c'est sans doute cet effet qui fait de Woodstock un petit monde idéal. Le film nous apprend que ce festival n'était en fait qu'un prétexte à un immense rassemblement de cette jeunesse hostile à la société de consommation, au mode
de vie des américains et à la guerre du Vietnâm. Une multitude d'artistes plus ou moins reconnus de l'époque étaient présents, la plupart arrivés sur le site en hélicoptères.
 Parmi eux, Ritchie Havens, Joan Baez, The Who, Country Joe and the Fish, Arlo Guthrie, Crosby Still and Nash, Ten years after, Sly and the family Stone, Santana, Jimi Hendrix et le très grand Joe Cocker, qui nous fit grâce d'une des plus belles pièces musicales de notre ère; With a little help from my friends.
Lorsqu'on voit ce film, qu'on écoute cette musique, on ne peut que
regretter de ne pas être né à San Fransisco dans les 50's.
THE COMMITMENTS
Adepte de James Brown, Wilson Pickett, Aretha Franklin, arrêtez-vous sur ce film. De la Soul, ou plutot de la Dublin SOUL, comme on aime. Le film relate l'histoire très prenante de la formation d'un groupe composé de jeunes chomeurs irlandais qui veulent s'en sortir. On pourrait se contenter d'écouter la bande-original mais ce serait se
priver de la performance d'acteurs, pour la plupart amateurs, exceptionnels, qui donne un élan de réalisme au film. On se prend d'affection pour ces musiciens "les plus bosseurs de Dublin". Dans le Dublin "Classe ouvrière", proche de l'univers de "The Snapper" (même scénariste), retrouvez sur le ton de la comédie, toutes les galères de la formation du groupe, jusqu'aux premières prestations sur scène. La bande son vaut à elle seule le détour, interprétée par le "vrai" groupe "The Commitments" qui a inspiré le film.
Après "The Wall", Alan Parker, fidèle à sa réputation, nous propose ici
un film réussi, drôle et émouvant, doublé d'une bande son excellente !
BIRD
Sans conteste, le plus grand film sur le Jazz, pensé et réalisé par l'un des plus grands réalisateurs américains.Clint Eastwood, en amoureux de Jazz, rend un hommage plus que sensible à l’un des maîtres du Bee-bop, Charlie Parker.

La carrière de ‘’Bird’’ est ici traitée avec une formidable générosité,
tant de la part du réalisateur (vainqueur du Golden Globe) que de son
interprète principal, l’extraordinaire Forest Whitaker
(Prix d’interprétation au festival de Cannes), qui signe ici l’une
de ses interprétations magiques dont il a le secret; tout en finesse, sensibilité, et vulnérabilité... un virtuose du saxophone rongé par les drogues, les remords de ce qu'il fait endurer à sa triste femme et son séjour en hopitâl spécialisé.
Les fans de Jazz trouveront ici matière à assouvir leur fantasmes, quant aux autres ils se laisseront porter par la magie et le talent de ses deux grands hommes du cinéma. A ne rater sous aucun prétexte !!!
http://www.clinteastwood.net/filmography/bird.htm
ALMOST FAMOUS
Sorti en 2000, le film de Cameron Crowe nous fait vivre l'envers du décor d'une tournée du groupe Stillwater, a travers le regard d'un jeune journaliste de 15 ans. 1973, William Miller est un garçon de 15 ans dont la mère est un peu trop protectrice. Grand fan de rock, il va avoir l'opportunité de suivre en tournée un groupe dont la popularité monte, Stillwater, en tant que journaliste pour Rolling Stone Magazine, le plus grand magazine musical. Au cours de cette tournée, il va partager la magie, les excès, les rivalités, les bons et les mauvais côtés de la vie d'une rock star
des 70's. Il va aussi entrer dans le monde des groupies rock, décrit avec sensibilité et nuances.
Dans ce film, Cameron Crowe narre non seulement le parcours initiatique du jeune pigiste (qu'il fut lui-même à l'époque, large part d'autobiographie), qui va véritablement passer de l'enfance au monde adulte, mûrir physiquement et mentalement, mais aussi l'histoire d'une époque charnière pour l'industrie musicale, quand la musique est passée d'un esprit purement artistique à une industrie de masse dirigée par l'argent.
Ce film est donc une parfaite introduction au monde rock des seventies. Il allie Sagesse, fraîcheur, et réalisme.
http://www.almost-famous.com
HEDWIG and the Angry Inch
Hedwig rêve de succès...
Il est l'exubérant leader transexuel du groupe "The Angry Inch", le groupe de rock le moins connu de tout les Etats-Unis. Contrairement à Tommy Gnosis son ex peti-ami qui lui a volé ses chansons pour devenir une star. Ne voulant pas laisser passer une injustice pareille, Hedwig et son groupe se lance dans une tournée parallèle à celle de Tommy. L'occasion pour nous spectateurs de tout savoir de son histoire pas comme les autres...

Voilà un film comme on en fait rarement : partant d'un sujet sur lequel tous se sont cassés les dents, John Cameron Mitchell crée une histoire touchante, poignante, ne tombant jamais dans le voyeurisme, ne cherchant jamais à excuser quoique ce soit. Si malaise il y a, il se dissipe en un rien de temps tellement l'homme a l'air de maîtriser son sujet : il y a de quoi puisqu'il
l'a interprété et mis en scène pendant des années au théatre. Le passage à l'écran s'opère avec merveille, il en profite pour parfaire l'illustration de ses idées et de ses sentiments. Et c'est là que Hedwig tient l'essence de sa force : son humanité, sa force, on peut réellement dire qu'il a été réalisé avec les tripes.

Le personnage respire une incroyable honnêté, les chansons, d'une grande finesse, sont toutes originales. Les paroles sont en corrélation directe avec l'histoire. Avec, en plus, l'apport d'une voix off constante, le réalisateur réussit vraiment à nous faire entrer dans la tête de son personnage.
Hedwig and the Angry Inch est donc un film parfois drôle, parfois cru,
souvant émouvant dont on ne ressort pas indemne.
http://www.hedwigmovie.com
ROCKSTAR
1985. Chris (Mark Wahlberg) est fan du groupe Steel Dragon, à tel point qu'il a lui-même fondé un petit groupe reprenant exactement leurs chansons. Chanteur on ne peut plus exigeant sur les interprétations musicales, il finit par se faire virer de son propre groupe, lassé de ne pas pouvoir s'exprimer librement. Au même moment le chanteur/leader
de Steel Dragon se fait virer de son groupe... la suite est à la fois facile à deviner et riche en surprises.
Chris va se retrouver du jour au lendemain chanteur du groupe phare de rock du milieu 80's, l'occasion pour le réalisateur de dépeindre avec sarcasme et burlesque l'univers des Rockstar américaines de cette periode. Le film commence dans sa première partie, aussi caricaturale que réaliste, par une critique très amusante des fans de groupe de rock.
 La seconde partie est beaucoup plus portée sur le côté exubérant du style de vie des groupes de rock : les personnages sont littéralement noyés et dépassés par ce monde en constant déséquilibre sur la frontière du paradis et de la débauche. C'est à partir de là qu'on sent que la
comédie veut garder les pieds sur terre en nous montrant certaines situations peu drôles, voire inquiétantes. C'est là que j'emettrai une petite reserve, je trouve le ton parfois mal approprié; n'est pas Boogie Nights qui veut.
Rockstar, malheureusement pas distribué en France, reste tout de même un
film que n'importe quel musicien se doit de voir, tant il est bourré de
clichés, de blagues de musiciens... de vécu.
La musique quant à elle est somptueuse et colle parfaitement à l'ambiance du film. Elle se situe entre Metallica, Maiden et Aerosmith; imaginez la vie de ces trois groupes... c'est exactement Steel Dragon (dont la guitare a été enregistré par Zakk Wyld).
http://www.rockstarmovie.com
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