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Dossiers 

PINK FLOYD

"The Dark Side of the Moon", 30 ans déjà

 

L'Expo INTERSTELLAR

Du 10 Octobre 2003 au 25 janvier 2004 se déroule à la cité de la musique l'exposition "Interstellar" consacré à la vie et à l'oeuvre du groupe Pink Floyd. Organisée grâce à des prêts exceptionnels consentis par David Gilmour, Roger Waters, Nick Mason et Rick Wright et provenant de leurs archives personnelles, cette exposition retrace l'épopée de ce groupe précurseur du space rock et inventeur d'une musique expérimentale sans cesse évolutive. Ellecélèbre, à l'occasion du trentième anniversaire de The Dark Side of The Moon, l'histoire de ce groupe devenu mythique, dont l'héritage réactualisé par la new wave des années 80 continue à résonner à travers la vague électronique actuelle.

La voyage débute dans un long couloir sombre où défile en sens inverse les années de nos jours jusque dans les années 60. Les effets sonores psychés typiques "floydesques" nous font déjà oublier la file d'attente de la caisse et nous mettent bien dans l'univers. Les différentes pièces de l'exposition retraçent chronologiquement l'histoire et nous offrent photos d'epoque et documents exclusifs (manuscrits de chansons, les cachets de leurs débuts, le dépot de leurs oeuvres, etc.). On a ainsi pu réviser l'arbre généalogique du groupe (les différentes formations au cours du temps), et apprendre que Cambridge était à cette époque le véritable point de recontre de tous les amateurs de rock prog. psyché. On a apprécié également que nombre d'instruments originaux (orgues, guitares, pédales d'effet, la console de mix au son spatial) étaient présents, sans compter les symboles du groupe (la vache taille réelle de la pochette d'Atom Earth Mother, le gong, le cochon gonflable etc.), le tout illustré par des films passant en boucle comme le "live à Pompéi" ou "The Wall".

Au final, on pourra peut être juste regretter la relative modeste taille de l'exposition au vu du magistral parcours de ce groupe, et du nombre de fans et de curieux des tous les âges, qui s'étaient donné rendez-vous pour l'occasion. Il ne vous reste plus que quelques jours pour découvrir ou redécouvrir de la plus belle manière ce groupe. Le billet d'entrée donne également accès à l'exposition permanente (tous les instruments de musique de toutes les époques) et ça vaut aussi son pesant de cahuettes !! Alors si vous pouvez y aller , courez-y !

l'adresse :
La Cité de la Musique
221, avenue Jean Jaurès
75019 Paris
Métro porte de Pantin

du mardi au samedi de 12h à 18h
dimanche de 10h à 18h
(ouvert jusqu'à 20 les soirs de concerts)

tarifs : 6.50E
3.50E (- de 18 ans)

réservation au 01 44 84 44 84
 

Gus


Chronologie des Floyds

PSYCHEDELISME
Au milieu des années 1960 émerge le psychédélisme, un état de rêve éveillé provoqué par certains hallucinogènes, notamment le L.S.D. Sous l'emprise de ces substances psychotropes, les notions de temps, d'espace et d'équilibre, de formes et de couleurs, subissent des modifications et des distorsions. La mode, l'art et le graphisme s'en trouvent transformés : c'est la naissance du Pop Art. Musicalement c'est une vériatable révolution. La traditionnelle formule basique du rock (chant, guitare, basse, batterie, claviers) s'enrichit considérablement, avec l'apport d'instruments classiques et orientaux, comme le clavecin, le mellotron, le sitar, le tabla, les pédales d'effets (wah-wah,fuzztone, etc.), sans oublier la technique des bandes passées à l'envers, inventée dès 1966. Les concerts proposent des light show délirants et les musiciens s'affublent d'accoutrements de dandys acidulés. Politique et libertaire, le psychédélisme américain, dont le coeur se situe à San Francisco, dénonce la guerre du Viêt-Nam et milite en faveur de l'émancipation des moeurs. Le psychédélisme anglais, dont l'épicentre est Carnaby Sreet à Londres, s'avère beaucoup plus pop et, surtout, empreint d'un onirisme inspiré des contes de Lewis Carroll, de l'imaginaire métaphorique de William Blake et de la poésie surréaliste française.

LES DEBUTS
En 1962, la maison familiale de Syd Barrett, à Cambridge, abrite le quartier général d'une jeunesse en pleine ébullition qui écoute en boucle des standards venus d'Amérique qu'ils reprennent au sein de formations éphémères. A l'époque, Barrett et Gilmour fréquentent le Cambridge College Of Art And Technology. Parmi les habitués de ces réunions dominicales chez Syd Barrett se trouve aussi Roger Waters. Il décroche une bourse pour étudier l'architecture au Regent Street Polytechnic à Londres où il dépense ses premiers deniers pour l'achat d'une guitare... A l'automne 1964, Syd Barrett est reçu à la Camberwell School Of Art de Londres et s'installe dans l'appartement voisin de celui de Roger Waters qui lui présente Nick Mason et Richard Wright. Tous ensemble fondent les Spectrum Five. Fin 1964, cette formation dont le répertoire comprend surtout des standards de rythm'n'blues se rebaptise, sous l'impulsion de Syd Barrett, The Pink Floyd Blues Band, puis Pink Floyd, nom composé en hommage à deux obscurs bluesmen : Pink Anderson et Floyd Council.

1967 : THE PIPER AT THE GATES OF DAWN
Durant les années 1966-1967, Pink Floyd incarne la quintessence du psychédélisme anglais, au fil de 45-tours rivalisant d'ingéniosité ("Arnold Layne", "See Emily Play", "Apples And Oranges") et de l'album The Piper At The Gates Of Dawn. Aux côtés des Beatles, Rolling Stones, Yardbirds, Kinks et autres Who, Pink Floyd, guidé par l'inspiration de Syd Barrett, devient le fer de lance de l'avant garde sonore. Influencé tout à la fois par les opérettes de Gilbert & Sullivan, le folk électrifié de Bob Dylan, le free-jazz de John Coltrane, les expérimentations de Frank Zappa et Jimi Hendrix, Pink Floyd puise également son inspiration dans la littérature anglaise. L'orientation future du groupe est toutefois manifeste dans ses morceaux les plus ambitieux, "Astronomy Domine" et "Interstellar Overdrive", qui annoncent l'arrivée d'un nouveau genre : le space rock.

 

1968 : A SAUCERFUL OF SECRETS
Fin 1967, Syd Barrett se perd dans la drogue et devient l'ombre de lui même. Pink Floyd doit se résoudre à engager un autre guitariste : c'est finalement David Gilmour, le copain de Cambridge, qui est recruté. En juillet 1968, le groupe sort A Saucerful Of Secrets, album de transition entre de psychédélisme de Syd et le rock progressif élaboré collectivement par le groupe. Enregistré dans les légendaires studios d'Abbey Road, A Saucreful Of Secrets est illustré d'une énigmatique pochette introduisant Storm Thorgerson et son agence de graphisme Hipsnosis dans l'histoire des Pink Floyd. L'album met en valeur le jeu d'orgue de Rick Wright, le roulement de tambour de Nick Mason, tout autant qu'il révèle Roger Waters en parolier inspiré et David Gilmour en soliste lumineux dont les phrasés guitaristiques vont devenir la marque de fabrique du nouveau Pink Floyd.

 

1969 : UMMAGUMMA
Sorte de bilan marquant la fin des années 1960, Ummagumma, premier double album de Pink Floyd, s'orchestre en deux parties. La première est enregistrée en public en 1969, lors des concerts donnés à Birmingham et à Manchester. Elle propose quatre longs morceaux cérébraux dont une version hallucinante de "Careful With That Axe, Eugene", pièce d'anthologie dont le cri primal fait, aujourd'hui encore, froid dans le dos. La seconde partie, enregistrée en studio, contient des compositions expérimentales révélant la personnalité musicale de chaque membre du Floyd. Ummagumma marque l'apogée d'un groupe en plein possession de son art et manifeste l'indépendance stylistique de chacun de ses musiciens.

 

1969 : LES MUSIQUES DE FILMS
Passé maître dans l'art d'inventer une musique suscitant d'innombrables images dans l'inconscient du public, Pink Floyd rencontre naturellement le septième art et se voit proposer la composition de plusieurs bandes originales de films. C'est d'abord Barbet Schroeder qui, en 1969, commande au groupe la bande sonore de son film More. En 1970, le groupe participe à la bande originale du film Zabriskie Point de Michelangelo Antonioni. En 1972, Barbet Scroeder fait à nouveau appel à Pin Floyd (qui enregistre alors The Dark Side Of The Moon) pour la musique de son nouveau film, La Vallée. Parue sous le titre Obscured By Clouds, cette bande originale, tout comme celle de More, fait figure d'album à part entière dans la discographie du groupe.

1970 : ATOM HEART MOTHER
Poursuivant l'exploration avant-gardiste entamée sur la partie en studio de l'album Ummagumma, Atom Heart Mother est concocté avec l'aide d'Alan Parsons (ingénieur du son à l'époque) et de Ron Geesin, compositeur, arrangeur des orchestrations, avec section de cuivres, violoncelle et choeur d'une vingtaine de voix. Enregistré aux studios d'Abbey Road dans des délais très courts, Atom Heart Mother cristallise la formule musicale de Pink Floyd autour d'un space rock symphonique. Il introduit par ailleurs pour la toute première fois des bruitages sous forme de collages sonores. Un robinet qui fuit, une fenêtre qui s'ouvre, une allumette qui craque, un réchaud à gaz qui s'allume : "Alan's Psychedelic Breakfast", enregistré dans la cuisine de Nick Mason, souligne l'intérêt du Floyd pour la "musique concrète". Premier album du groupe à caracoler en tête des ventes britanniques, Atom Heart Mother marque l'avènement du rock spatial et progressif, projetant Pink Floyd dans une nouvelle dimension.

1971 : MEDDLE
Après Atom Heart Mother et dans la lignée d' "Alan's Psychedelic Breakfast", Pink Floyd envisage un nouveau projet encore plus expérimental, consistant à enregistrer un album sans aucun instrument, en utilisant toutes sortes d'ustensiles ménagers. Mais, très vite, le groupe réalise qu'une telle expérience est impossible à concrétiser, et c'est finalement avec leurs instruments de prédilection que les Floyd enregistrent Meddle, qui synthétise les expérimentations précédentes et annonce le grand décollage de The Dark Side Of The Moon. De la rythmique hypnotique et syncopée de "One Of These Days" à la réverbération démultipliée d'"Echoes", en passant par les arpèges acoustiques et les mélodies planantes de "A Pillow In The Wind" et "Fearless", les harmonies de bastringue de "San Tropez" et le blues canin de "Seamus", c'est un véritable manifeste space rock qui se déroule, tel un road movie imaginaire.

1973 : THE DARK SIDE OF THE MOON
24 mars 1973 : Pink Floyd, jusqu'alors considéré comme un groupe underground et expérimental, sort The Dark Side Of The Moon. La pochette de l'album révèle une prisme énigmatique où les couleurs de l'arc-en-ciel sont déclinées sous forme d'électrocardiogramme. Cette "Face cachée de la Lune" marque l'aboutissement de sept années de recherches sonores et musicales, et introduit Roger Waters dans la cour des grands songwriters. Au sommet de sa créativité, Pink Floyd travaille dans un souci de perfection et excelle dans l'hybridation de sons de synthétiseurs high-tech. Entrecoupées de collages sonores, les paroles des chansons reprennent des thèmes inspirées par la condition humaine - le temps, l'argent, l'aliénation, la violence, la folie, la mort. Cette épopée contemporaine détient le record de longévité dans les hit-parades américains (plus de quinze ans !) et figure parmi les cinq albums les plus vendus au monde : plus de trente millions d'exemplaires à ce jour. L'aspect intemporel de l'album est largement dû à la variété des émotions musicales qui l'habite, de la violence rock de "Money" à l'onirisme d' "Us And Thme", grand oeuvre de Wright et Waters.

1975 : WISH YOU WERE HERE
Un sentiment plus sombre semble s'être emparé de cet album, qui marque le dixième anniversaire de Pink Floyd. Les titres principaux sont largement interprétés comme des élégies au leader perdu de la formation, Syd Barrett. On le voit d'ailleurs se présenter de manière inattendue et fantomatique aux studios d'Abbey Road durant l'enregistrement. Des deux côtés de l'Atlantique, l'album est un miracle musical qui grimpe dès la sortie à la première place des ventes. Les longues suites planantes, essentiellement instrumentales, "Shine On You Crazy Diamond", qui ouvrent et referment l'album, font preuve d'un classicisme épuré. La ballade acoustique "Wish You Were Here" est un hymne à l'absence, tandis que les chansons "Have A Cigar" et "Welcome To The Machine" anticipent la musique techno sur fond de désillusion. La pochette d'Hipgnosis incarne la poésie de l'album axée autour des quatre éléments : la feu, l'air, la terre et l'eau.

1977 : ANIMALS
Premier album écrit et composé par Roger Waters (à l'exception de "Dogs" cosigné avec David Gilmour), Animals est entièrement enregistré dans les nouveaux studios du groupe, une ancienne église désaffectée équipée d'un magnétophone vingt-quatre pistes, située à Britannia Row dans le nord de Londres. En réaction à l'oppression qui pèse sur la société anglaise de l'époque, Animals est un "concept album" dont le thème principal renvoie au romain Animal Farm de George Orwell. Cette fable animalière pessimiste traite de l'asservissement de l'être humain à travers des chansons métaphoriques ayant pour titres "Pigs On The Wing", "Dogs", ou encore "Sheep", inspiré du Psaume 23 de la Bible. Fresque obscure et tourmentée dépeignant une société moderne en plein crise, Animals paraît en 1977, au moment où le mouvement punk explose et hurle des slogans nihilistes comme "No Future !".

1979 : THE WALL
Double album conceptuel particulièrement ambitieux, The Wall marque l'apogée des aspirations théâtrales et musicales de Roger Waters. Il fait appel au producteur Bob Ezrin pour enfanter ce monstre sacré marquant la fin de l'âge d'or du groupe. Exténué par plusieurs mois de tournée, Waters prend conscience que, dans le sillage de son écrasant succès, Pink Floyd court le danger de perdre le contact avec son public. Le point critique est atteint à la fin de la tournée Animals de 1977. Les spectateurs du Stade olympique de Montréal réclament à grands cris des chansons anciennes qu'ils connaissent par coeur. Sur scène, le groupe est en train d'en interpréter de nouvelles. Waters perd soudain son calme. L'idée qu'un mur s'est construit entre le groupe et ses fans s'enracine dans son esprit. De cette prise de conscience, il va développer cette parabole sur l'aliénation. "Another Brick In The Wall" devient le plus grand tube de Pink Floyd. L'exécution de l'album en public constitue un nouveau triomphe pour les Floyd. C'est du grand speactacle de rock'n'roll : le fameux mur qui se construit petit à petit efface leurs précédents coups de théâtre - les cochons, les avions, les symboles planétaires... The Wall révèle également l'expressionnisme cruel des dessins de Gerald Scarfe. Le film The Wall d'Alan Parker sera projeté en avant-première au Festival de Cannes le 23 mai 1982.

1983 : THE FINAL CUT
A Requiem For The Post War Dream. C'est ainsi que Roger Waters a sous-titré The Final Cut, dernier album de Pink Floyd auquel il participe. Il paraît au printemps 1983, un an après l'invasion des îles Malouines par l'Argentine et la riposte britannique qui s'en suivi. The Final Cut, dédié à la mémoire du père de Roger Waters, mort au front lors de la seconde guerre mondiale, revisite des thèmes déjà exprimés dans The Wall. Mené avec une énergie sombre et assez différente des autres albums, The Final Cut est sûrement l'un des albums les plus passionnés et politiquement engagés de Pink Floyd.

1987 : A MOMENTARY LAPSE OF REASON
Alors que le groupe semble retrouver son souffle, au milieu des année 1980, Roger Waters décide de partir pour mener à bien des projets en solo. La direction musicale du trio échoit alors à David Gilmour. La sombre tendance à l'introspection caractéristique des albums antérieurs apparaît en filigrane dans A Momentary Lapse Of Reason qui, en 1987, marque le retour du Floyd et consacre Richard Wright aux claviers. Après une tournée mondiale spectaculaire à guichet fermé de deux années, révélant un impact visuel sans précédent, Pink Floyd enregistre en public "The Delicate Sound of Thunder".

1996 : THE DIVISION BELL
Au début de 1993, les membres du groupe se réunissent pour leur dernier album en studio à ce jour, The Division Bell, dont le titre est inspiré par l'écrivain de science-fiction anglais Douglas Adams. L'album évoque les années Cambridge à travers "High Hopes" et s'adresse une fois encore à Syd Barrett au fil de la chanson "Poles Apart".

 

Source : exposition
 

Gus

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